27. Fleur de Palaiokastritsa

Xavier Bordes

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27. Fleur de Palaiokastritsa

.

La petite fleur amère près du monastère

a reproduit le bleu sauvage de la mer

au-dessus de l’à-pic où les eaux en contrebas

claquent contre les rocs et secouent les coques des barques

.

Un instant j’ai rêvé d’être moi-aussi pour longtemps

accroché au rebord vertigineux de la falaise

libre de contempler un infini qui me ressemble

avec pour veiller sur moi par tous les temps l’icône

dorée de la Théotokos qui tient sur les genoux son fils

seigneur de la rumeur et de la violence incessante des vagues

.

Un instant j’ai rêvé Dans le jardin des palmes

les oiseaux venaient boire aux étages vert-olive

de la fontaine dont une blonde en robe blanche

pensive faisait lentement le tour

À l’entrée du monastère un moine barbu

en fermant la porte annonce d’une voix de fausset

que «Το επισκεπτήριο τελείωσε για σήμερα..»

la…

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Quand les moules auront des dents

 A la pêche aux moules il se consacrait
Il aimait la houle en ce coin secret
Où la belle fraîche aux senteurs marines
Provoquait ses sens, juteuse et saline

Chasseur averti, il les comparait
De leurs différences il se pénétrait
Il ne se lassait de leur goût marin
Saveurs de varech , poivre levantin

Sous sa langue hardie, les belles s’ouvraient
Toutes alanguies elles se donnaient
Au bourreau des cœurs , ami d’ Epicure
Mytiliculteur de belle figure…

Mais un jour maudit vint la punition
Une moule hardie sans sa permission
Referma sur lui sa bouche vorace
L’avala tout cru, sans laisser de traces !

Moule prédatrice aux dents aiguisées
Mante religieuse, desseins déguisés
Homme trop naïf, prends-garde à la gueuse
Déguisée en moule aux lèvres baveuses !

 

Marcek

Vachement bon

Vachement bon !

La source glisse sur la mousse
Ta main délicate retrousse
Mes dentelles
Sous le ciel de lit d’une prairie d’été
Où paissent quelques vaches.

Ta bouche avide glisse sur mon téton
Tait-on d’aussi doux instants
Au prétexte d’une pudeur dépassée ?
Même le pape Pie II ne saurait nous blâmer !

Traitons-donc le sujet avec délicatesse
(Mais trait-on les vaches à la main ?
Ce n’est qu’un pis-aller
A l’heure électronique !)

Or, le sujet, c’est moi, en l’occurrence
Et je dois dire que tu le traites
Vachement bien !

Alimentons-nous sainement

Le haricot tarbais, trésor du cassoulet
Pour expulser les vents est vraiment renommé
Que dire du chou vert qui fermente à merveille
Et sur votre transit, comme une mère veille!

Les petits pois nouveaux parfois sont flatulents
Mais on doit les aimer, ce sont des sucres lents
Qui pour notre santé sont des amis sincères
Ca vaut bien quelques vents aux parfums délétères!

De ces fermentations dont on n’ose parler
Notre corps est souvent fermement agité
C’est le gage certain d’une bonne santé
Alors osez ces bruits qui sont incongruités!

Mais faites -le tout bas et non pas en fanfare
Sinon, vos invités pourraient piquer un fard
Si soudain au milieu de la conversation
Venait à retentir un long bruit de clairon !

Bayadère

Bayadère

Elle avait du poil aux pattes
Mais son oeil fou m’a grisé
Globuleux, couleur tomate
Il m’avait tétanisé !
Ses fins affiquets de gaze
Et ses pantoufles brodées
M’entraînèrent à l’extase
Et pourtant j’étais rodé
A ces danses bayadères
Qui laissent la bouche amère
Et le cerveau corrodé !
Mais rien n’y fit
Rien sniffé
La belle m’a renversé
Au propre et au figuré
Je suis cuit, roulé, vidé !