Enfances

Enfances foudroyées par l’horreur de la guerre 

Dans le crime et le sang répandu sur la Terre 

Enfances arrachées au doux sein maternel 

Pour connaître l’enfer en un gouffre éternel 

Enfances, fronts souillés par une main immonde 

Jetées sur le trottoir, exploitées dans le monde 

Ployant sous tous les faix du travail imposé 

Agonisant, crevant au revers d’un fossé 

Enfances humiliées sur les bancs de l’école 

Quand la persécution jour à jour les immole 

Jusqu’à ce que, lassées de l’incompréhension 

Elles trouvent la mort au-delà d’un balcon 

Enfances, long chemin de doute et de misère 

Quand de la désunion du père et de la mère 

Naissent le désespoir, les interrogations 

Le coeur écartelé entre leurs déraisons 

Enfances torturées par l’horrible souffrance 

De longues maladies sans aucune espérance 

Et qui ne voient jamais du fond de l’hôpital 

Qu’un ciel enténébré par les griffes du mal ! 

Enfances, goût de miel, abreuvées d’innocence 

Vous existez pourtant, dans un nid de confiance : 

L’amour vous rend si fort en vous donnant la main, 

Que vous pourrez aider les enfants de demain… 

L’hiver venu

L’hiver venu …

De son membre vainqueur il célébrait l’audace

Et, fier  comme Artaban, proclamait sa vigueur

Mais l’hiver est venu qui gèle toute fleur 

Et le voici vaincu par l’âge qui le glace ! 

De l’appendice triomphant qui faisait sa force et sa gloire 

Il ne reste plus, ô  mémoire , que des souvenirs lancinants

Qui génèrent des idées noires qu’il faudrait celer dans l’armoire 

Entre les beaux draps de lin blanc témoins de tant et tant d’histoires ! 

Et la sagesse voudrait que, dans le suaire de l’oubli 

Il ensevelisse à jamais les exploits de ces belles guerres

Qui,  d’aussi loin qu’il s’en souvienne,  lui firent chavirer naguère 

Tant de sublimes caravelles  naviguant  au creux de son lit !