Pyramides

Veulent-elles par bravade

pousser les portes du ciel ?

Les siècles qui s’amoncellent

N’entament pas leur beauté

Qui se proclame immortelle

Aux pharaons dédiée…

Mais peu importe le faste

De ces tombeaux érigés

Car ici c’est la piétaille

Que nos cœurs vont admirer

Pieds et mains, crânes broyés

Tous ces ouvriers du sable

Au pharaon sacrifiés

L’aurore glace de rose

Leurs fantômes oubliés

Leur sang coule sur les pierres

Aux supplices du couchant

Au pied de la pyramide

Leurs squelettes vont rêvant

 

AF85D34A-24F7-4E4D-8ADB-6BF266F2AB18

Le con

B67CC5A9-E2F0-4C90-8275-DF59BE3B7D01Le con

A vous traiter de con, Monsieur, je ne m’avance…

Vous m’avez ébloui de votre suffisance

Sachant parler de tout, en scandant vos propos,

Portant la vérité comme on porte un drapeau,

Foulant sans hésiter l’opinion des couillons,

Au pied de vos idées et de vos convictions.

Il monte en moi, Monsieur, l’énorme envie de rire

Qui, si je l’exprimais, déchaînerait votre ire !

Juste un pétillement au fond de ma prunelle

Pourrait vous intriguer, vous mettre sur la voie,

Mais vous lancez déjà une autre ritournelle

Et pour m’impressionner, vous donnez de la voix !

A quoi bon espérer troubler vos certitudes

Je vous laisse planer : à si haute altitude

On ne peut voir que l’aigle, et nous sommes moutons

A vos yeux orgueilleux, pleins de satisfaction !

Plus impatient que moi vous fera la leçon

N’hésitant pas, Monsieur, à vous traiter de CON

PS : Que de cons aux balcons applaudissent le soir

Qui vont le lendemain sournoisement s’ébattre

Tandis que nos soignants ne cessent de se battre

Pour tous ces cons finis  qui flinguent nos espoirs.

Douce vache

De son mufle rosé qui va, bavant dans l’herbe

Tombent de longs filets ténus et scintillants
Qui sur le bord du pré où se couchent  des  gerbes
Laissent un beau feston de perles et diamants.
La vache en majesté qui relève la tête
De soleil couronnée , la queue fouettant les flancs
Titillée par les taons ou par quelque autre bête
Dédaigne  de se plaindre , avançant lentement
La vache vénérée, trésor du paysan
Broute ainsi tout le jour,  en ruminant , altière
Et le soir vient la voir dormir paisiblement
Rêvant de prés  bien gras au chaud  de salitière .
O vaches de nos champs, belles vaches laitières
Notre enfance est pendue à vos cornes jolies
Le lait bourru  coulait des trayons de vos pis
Et nous le dégustions assis sur nos derrières
Dans l’étable au parfum d’urine et d’excréments
Nos petits nez humaient le fumier, dont la terre
Ouverte en beaux sillons par le vaillant araire
Se gorgerait demain dès le soleil levant !