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Ces belles solanacées

Qui font  la joie des étals

On n’en a jamais assez

Dans le four c’est un régal

En purée , oh les divines

A la façon Robuchon

Quand, du beurre l’on devine

Qu’on n’a pas plaint la portion

Des frites en abondance !

Clameront tous les enfants

Ce mot frites met en transe

Les gourmets et les gourmands

En gratins elle s’exprime

Lorsque vient l’accompagner

Le lait, le fromage en prime

Qui savent la magnifier

Mais hélas temps de disette

Vitelotte a disparu

Et la pauvre Bernadette

Dans les corbeilles n’est plus !

Qui nous rendra l’ Amandine,

Élodie, la Pompadour

Et tant et tant de voisines

Que chantaient les troubadours ?

Mes réserves sont exangues

Point de patate au logis

Par bonheur reste la langue

Qu’on manie lorsqu’on languit ! DF7FF1CA-F386-421A-AD99-ECF30F384E80

La blette

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La blette est bête, dites-vous ?

Oh quelle méchante pensée …

Je veux, de ce pas, l’encenser

Et réfuter vos arguments !

Vous dites qu’on la nomme « bette « ?

Ah ! Maintenant je vous comprends !

Régalons-nous sans réticence

Bette en ce cas n’est pas offense …

J’en ai gros sur la patate

Les anges

Innocemment, qu’on s’émerveille

D’une écriture au talent fou

Cela peut faire des jaloux

Mais ce sont murmures d’abeilles

Or, voyez ces sombres corneilles

Au front noir, à l’œil un peu fou

Elles ont au cœur, qui sommeille

La malveillance du mildiou

Lorsque le talent se vendange

Sur les coteaux ensoleillés

Les voici qui vont surveiller

Les grappes salies par leur fange !

Mais, par bonheur, veillent les anges !

Pêcheuse de lune

Pêcheuse de lune au bord de l’étang

Écailles d’argent et d’or confondues

Tremblante clarté sur l’eau répandue

La barque d’un rêve d’azur m’attend

Algues balancées par un flot serein

Douceur de la brise au front de  la nuit

Ici le temps passe et puis s’alanguit

Un poisson d’argent glisse entre mes

reins

L’étang a pêché des milliers d’étoiles

Versées par le ciel en pluie de diamants

Souvenir exquis de tes yeux d’amant…

La barque du rêve a gonflé ses voiles

Abondance

8DDB58B3-BFEE-4932-B0D4-C29C7F8C8C4CJ’aime de mon jardin, célébrer l’abondance

Et lorsqu’à pleins paniers je cueille ses trésors

Je luis parle sans fard de ma reconnaissance

Le silence est d’argent mais la parole est d’or

«  Comment ?  Communiquer avec  dame nature ? « 

Me direz-vous alors avec quelque ironie…

Il ne faut rester coi et tenter l’aventure :

Parler avec la plante est source d’harmonie…

Le flux de vos paroles accélère sa sève

La communication booste son devenir

Je vous vois souriant : non ce n’est pas un rêve

C’est un être vivant, il faut s’en souvenir !

Lorsque la mort viendra

ACC54C85-BC61-4D18-B85B-A9AD89D1D235Je veux, aux marches de la mort

Sentir sur mon front ton haleine

Baiser ta bouche, et que ton corps

Contre mon corps enfin revienne !

Je marche depuis trop longtemps

Seule et désespérée sur terre

Sans que le temps, l’horrible temps

Apaise un peu cette colère

De t’avoir perdu, alors que

La vie s’offrait à nous, si pleine

Si pleine des rires heureux

Qui surent terrasser nos peines

J’ai soif de tes bras amoureux

De ces regards où l’âme sombre

Mais je n’ai pu te dire adieu

La mort a fait de toi une ombre

Cette ombre qui hante mes jours

Et que je veux faire revivre

A la flamme de cet amour

Qui jadis nous a rendus ivres

Je voudrais un signe de toi

Mais le ciel m’oppose silence

Je ne retrouve plus ta voix

Et se meurent mes espérances

De cet au-delà sans frontières

Où ton âme s’est envolée

Rejoins mon âme désolée

Qui t’implore dans ses prières

Je veux, aux marches de la mort

Sentir sur mon front ton haleine

Baiser ta bouche, et que ton corps

Contre mon corps enfin revienne

Chouchou

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Chou blanc, chou vert chou rouge

Que personne ne bouge

Chou cabus, chou-fleur, chou pommé

Sans hésitation : consommez !

Ces crucifères généreux

Sont des remèdes merveilleux

Que le jardin met dans l’assiette

Bénéfiques à tout bilieux

Incomparables pour les yeux

Usez-en sans modération

Et ceci jusqu’à réplétion !

De ces légumes, à tous repas

Vous pouvez faire vos choux gras !

Le chou farci perd son allure bucolique

Quand de lardons et de saucisse on le garnit

Il réveille les appétits mélancoliques

Sa farce réjouit les plus aigris !

Quand de Bruxelles nous arrive la famille

De ces jolies Bracicassées

Petits choux exquis qu’on habille

De beurre avant de fricasser

Avec quel plaisir on s’attable

« Passe-moi donc le sel, mon chou ! »

Et l’on vit des joies ineffables,

La serviette autour de son cou…

D’aucuns diront les flatulences

Provoquées par ces aliments

Qui leur font souvent remontrance

Les plongeant en quelques tourments

Mais le jeu en vaut la chandelle

Et la santé passe avant tout

Et tant pis pour les ritournelles

Des vents provoqués par les choux

Enfer et damnation

En cuisine, où l’on s’émoustille

Devant la fureur des fourneaux,

Le ton monte, et si l’on babille,

C’est loin des yeux du maestro

Qui, coiffé de sa toque blanche

Et les mains posées sur les hanches

Commande les feux et les pots .

Dans cet enfer, oui, dans cet antre

Où brillent haches et couteaux

C’est en sanglotant  que l’on entre

Pour succomber sur le billot !

Qu’importe les vains soubresauts ,

Le sang répandu sur la planche,

Ici l’on coupe, ici l’on tranche

En deux coups de cuillère à pot !

Dans cette chambre des tortures

Aucune tête ne perdure :

Dans l’eau on est ébouillanté

Dans l’huile on vous fait crépiter !

Loin du potager, de la brise,

Du chant des oiseaux familiers

L’enfer pour vous va commencer…

Tomates : on va vous cuisiner

Tomate d’or

7251A28F-75D1-4E5A-9743-3C5E88FEFBD5Tomate

Sourire du soleil en ta pulpe incarné

Petite poire d’or à chair douce et fondante

Que la sève a nourri d’un travail acharné

Triomphe d’un jardin où s’exprime la plante   

On te croque et tu fonds sous la langue gourmande

Inondant le palais de ton  jus sirupeux

Nos doigts, pour te cueillir toujours en redemandent

Ils ne savent jamais se contenter de peu !

Un baiser de soleil sur ta joue rebondie

Un souffle de vent bleu, une larme de pluie

Et voici, du jardin le message accompli

Que nous cueillons, émus, étonnés, étourdis !