Requiescat in pace

 

C’était un de ces chats pelés

 Dont la fourrure est  éloquente

On aurait pu la mettre en vente 

Comme un tapis au fil  râpé 

Ce n’était pas un chat genoux

Qui vous pétrit comme bon pain

Il avait des airs de voyou

Qui ne fait pas copain-copain 

Dans une bagarre de rue

Pour quelque Belle convoitée

Son œil avait perdu la vue

Et sa hanche se déboîtait

Il avait pourtant du panache

Ce vieux briscard impénitent

Il était vaillant  à la tâche

Quand l’amour se faisait pressant

Vivant de peu et de rapines

Les flancs de ce matou miteux

Se garnissaient dans les cuisines

Après des raids aventureux

Il méprisait ses congénères 

Gras à lards, aux flancs ronronnants

Car il préférait ses galères

A la soumission des rampants 

Il vécut fier, en matamore

Jamais soumis , se révoltant

Mais il fut fauché par la mort

Sur la route, un jour de printemps 

Dans un fossé, pauvre carcasse

Le chauffard brutal le poussa

Pas de requies -cat in pace

Pour les anarchistes nés chats !