Requiescat in pace

 

C’était un de ces chats pelés

 Dont la fourrure est  éloquente

On aurait pu la mettre en vente 

Comme un tapis au fil  râpé 

Ce n’était pas un chat genoux

Qui vous pétrit comme bon pain

Il avait des airs de voyou

Qui ne fait pas copain-copain 

Dans une bagarre de rue

Pour quelque Belle convoitée

Son œil avait perdu la vue

Et sa hanche se déboîtait

Il avait pourtant du panache

Ce vieux briscard impénitent

Il était vaillant  à la tâche

Quand l’amour se faisait pressant

Vivant de peu et de rapines

Les flancs de ce matou miteux

Se garnissaient dans les cuisines

Après des raids aventureux

Il méprisait ses congénères 

Gras à lards, aux flancs ronronnants

Car il préférait ses galères

A la soumission des rampants 

Il vécut fier, en matamore

Jamais soumis , se révoltant

Mais il fut fauché par la mort

Sur la route, un jour de printemps 

Dans un fossé, pauvre carcasse

Le chauffard brutal le poussa

Pas de requies -cat in pace

Pour les anarchistes nés chats ! 

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T’as cafté !

T’as cafté, la garce ?

Et les coups pleuvent !

( Elle est tombée dans l’escalier Y a pas d’ preuve ! )

Faut pas l’chatouiller L’ beau Lulu

Sa mome a cafté : ça demande

Des coups, et de la réprimande…

Comme ça, elle réfléchira

La prochain’ fois !

Et si les larmes dégoulinent : L’avait pas qu’à fair’ sa maligne

Les femmes, faut que ça marche droit !

( C’est l’ beau Lulu qui m’a dit ça!)

Du coup, j’ m’en vais voir la flicaille

Parce-que j’en pince pour sa caille

Au beau Lulu

C’est pas parc’qu’on est d’la racaille

Qu’on a pas d’morale, voyez-vous.

Et j’ai cafté, pour les yeux doux

D’ la caille à Lulu le marlou..

Amour papillon

 

T’aimer en papillon 

Sera bien rude tâche

Je meurs où je m’attache, 

avec feu et passion 

La jalousie étreint

Mon cœur avec violence

Lorsque ton regard danse

Sur la chute de reins

D’une simple passante

Et ce regard me hante

Me torture sans fin

Mais je n’avouerai rien

T’aimer à la folie 

Est le sel de ma vie

J’accueille la souffrance 

Avec grande constance

Pour toi je veux souffrir

Pour toi je veux mourir

Pour toi je veux brûler 

Dans cet amour brasier 

Les réfugiés

Il papillotait des nuages dans un grand ciel piqué d’azur
Les anges se vêtaient d’or pur scintillant sous l’enclos des branches
Dans l’étable l’âne soufflait, prenant en pitié la détresse
De ces réfugiés de la veille surgis d’horizons inconnus
Le petit gigotait tout nu près du sein gonflé de sa mère
Le bon lait d’infinie tendresse réconfortait le nourrisson
Toutes les bêtes dans l’étable avaient un peu la larme à l’œil
Soufflant, piétinant en silence car en ce jour saint, point d’orgueil
L’étoile au ciel conduit la foule vers la plus humble pauvreté
On ne sait pourquoi l’on s’incline devant cet enfant nouveau-né
Mais le peuple venu, devine qu’un jour nouveau va se lever …

Perlimpinpin

 

Perlimpinpin persiste et signe :
Sa poudre qui tombe des cieux
Donne aux politicards indignes
Des âmes d’hommes vertueux !
Soyons vigilants et lucides
Et nous ne laissons pas flouer
Des bonimenteurs intrépides
Sachons nous désembobiner
Certes le choix est difficile
En cette période troublée
On nous prend pour des imbéciles
Leurs discours veulent nous piéger …
Une fois nos élus en place
En proie à la réalité
Tous nos souhaits les laissent de glace
Nous sommes de nouveau bernés !Perlimpinpin range sa poudre
Le quinquennat peut commencer
Les partis peuvent en découdre
C’est le peuple qui va payer !

Michèle Corti

Et pendant tout ce temps

Et pendant tout ce temps où nous sommes heureux

Alep agonisant n’est que flammes et ruines

Images insensées proposées à nos yeux

Qui n’osent accepter ce que l’esprit devine

Maisons incendiées, tant de vies qui s’arrêtent

Trop d’enfants horrifiés par le sang répandu

Trop de cris de terreur résonnant dans leur tête

Quand l’enfance pour eux est à jamais perdue !

Si nous nous indignons devant de tels carnages

Nous protestons en vain, nos cris sont impuissants

Faut-il donc que l’horreur perdure à tous les âges

Et s’acharne à jamais sur tous les innocents ?