Le petit banc de pierre

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Les réfugiés

Il papillotait des nuages dans un grand ciel piqué d’azur
Les anges se vêtaient d’or pur scintillant sous l’enclos des branches
Dans l’étable l’âne soufflait, prenant en pitié la détresse
De ces réfugiés de la veille surgis d’horizons inconnus
Le petit gigotait tout nu près du sein gonflé de sa mère
Le bon lait d’infinie tendresse réconfortait le nourrisson
Toutes les bêtes dans l’étable avaient un peu la larme à l’œil
Soufflant, piétinant en silence car en ce jour saint, point d’orgueil
L’étoile au ciel conduit la foule vers la plus humble pauvreté
On ne sait pourquoi l’on s’incline devant cet enfant nouveau-né
Mais le peuple venu, devine qu’un jour nouveau va se lever …

Perlimpinpin

 

Perlimpinpin persiste et signe :
Sa poudre qui tombe des cieux
Donne aux politicards indignes
Des âmes d’hommes vertueux !
Soyons vigilants et lucides
Et nous ne laissons pas flouer
Des bonimenteurs intrépides
Sachons nous désembobiner
Certes le choix est difficile
En cette période troublée
On nous prend pour des imbéciles
Leurs discours veulent nous piéger …
Une fois nos élus en place
En proie à la réalité
Tous nos souhaits les laissent de glace
Nous sommes de nouveau bernés !Perlimpinpin range sa poudre
Le quinquennat peut commencer
Les partis peuvent en découdre
C’est le peuple qui va payer !

Michèle Corti

Et pendant tout ce temps

Et pendant tout ce temps où nous sommes heureux

Alep agonisant n’est que flammes et ruines

Images insensées proposées à nos yeux

Qui n’osent accepter ce que l’esprit devine

Maisons incendiées, tant de vies qui s’arrêtent

Trop d’enfants horrifiés par le sang répandu

Trop de cris de terreur résonnant dans leur tête

Quand l’enfance pour eux est à jamais perdue !

Si nous nous indignons devant de tels carnages

Nous protestons en vain, nos cris sont impuissants

Faut-il donc que l’horreur perdure à tous les âges

Et s’acharne à jamais sur tous les innocents ?

Âmes enneigées

 

Il est des cœurs étroits qui crachent l’anathème
Sur le beau et le bon , sur les purs sentiments
La neige des dépits et des ressentiments
Glace à jamais ces cœurs fermés à tout « je t’aime »

Ils sillonnent le monde, éructant leur colère
Leur plaisir de salir , d’humilier, est si fort
Qu’ils ne ménagent pas leur temps et leurs efforts
La neige accumulée pétrifie leurs oeillères

Faut-il qu’ils aient souffert et qu’ils souffrent encor
Pour porter en leur sein l’oeuvre de malemort
Et que l’hiver glaçant leur âme abominable
Les couvre d’un linceul de neige épouvantable !
Ecrit par Marcek
Tous droits réservés ©

Misère

Vivre petitement, épargner le chauffage
Lorsque pourtant l’hiver mord aussi froidement
Réduire l’appétit déjà calmé par l’âge
Et pour moins dépenser, ne plus être gourmands

Souvent rester sans dents et même sans oreilles
Vivre le dénuement sans comprendre comment
Au terme d’une vie de labeur et de veilles
La société vous lâche aussi cruellement…

Vivre au seuil de Noël sans entrer dans la fête
Ne pas oser aller mendier quelque soutien
Seule la dignité fait redresser la tête
A ces vieux de chez nous, traités comme des chiens !

27. Fleur de Palaiokastritsa

Xavier Bordes

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27. Fleur de Palaiokastritsa

.

La petite fleur amère près du monastère

a reproduit le bleu sauvage de la mer

au-dessus de l’à-pic où les eaux en contrebas

claquent contre les rocs et secouent les coques des barques

.

Un instant j’ai rêvé d’être moi-aussi pour longtemps

accroché au rebord vertigineux de la falaise

libre de contempler un infini qui me ressemble

avec pour veiller sur moi par tous les temps l’icône

dorée de la Théotokos qui tient sur les genoux son fils

seigneur de la rumeur et de la violence incessante des vagues

.

Un instant j’ai rêvé Dans le jardin des palmes

les oiseaux venaient boire aux étages vert-olive

de la fontaine dont une blonde en robe blanche

pensive faisait lentement le tour

À l’entrée du monastère un moine barbu

en fermant la porte annonce d’une voix de fausset

que «Το επισκεπτήριο τελείωσε για σήμερα..»

la…

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